Les représentations de Guynemer Le Vieux Charles, les monuments, les bustes,
les portraits participèrent à l'écriture d'une légende, à la construction d'un mythe.
Guynemer n'échappa pas à ce destin posthume.
A l'origine, Bonnard aurait baptisé son avion, un Morane-Saulnier de ce nom. Lorsqu'il partit pour les Dardanelles, Guynemer récupéra cet avion et abattit avec cet avion son premier ennemi, un Aviatik, en juillet 1915. Guynemer garda ensuite le nom de Vieux Charles sur ses différents appareils. Il est intéressant de constater que, dans la légende, l'avion rejoignit l'aviateur, puisqu'en 1934, un journaliste parla tout au long de son article de " Charles Guynemer ".
La Cigogne Second attribut de l'aviateur la cigogne symbolisa le caractère de l'aviateur. L'origine de la Cigogne fut un peu floue, il sembla qu'un décorateur de l'Opéra comique, affecté au service du camouflage, ait pris l'initiative d'en peindre une sur un faux avion de sa fabrication. Le symbole aurait plu au commandant Brocard, originaire d'Alsace, qui aurait décidé de l'adopter comme emblème de son escadrille. Une autre théorie fit remonter l'origine aux manuvres de Belfort en 1912, où les avions de la SPA 3 furent comparés aux cigognes, annonciatrices du printemps en Alsace, c'est-à-dire du retour prochain des provinces perdues à la mère patrie.
La cigogne devint alors véritablement héraldique et put avoir cinq positions : " passant au naturel, ailes
basses ", ce fut celle de Guynemer, " cigogne passant d'argent ", ce fut celle de Fonck, " passant au naturel becquée et membrées de gueules ", " passant d'argent ",
" virant au naturel ".
Guynemer au Panthéon Il fut un temps question d'installer un monument à Guynemer au Panthéon. Le corps de l'aviateur n'ayant pas été retrouvé, il fut exclu de le transférer dans la crypte. Une mention fut donc inscrite sur un des piliers de la nef. Le sous-secrétariat aux Beaux-Arts proposa alors à l'aéronautique une statue, " Les Ailes brisées ", du sculpteur de Monard. Mais on préféra laisser le monument au Dépôt des marbres. Ainsi seule, une inscription, sans représentation de l'As, rappelle sa mémoire dans la nef du Panthéon.
Philippe Rivé. Extrait du catalogue d'exposition Guynemer " Un mythe, une Histoire " publié par le Service Historique de l'Armée de l'Air en 1997. |
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